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Étaples à l’heure anglaise

UNE MEMOIRE A TRANSCRIRE DANS LE PRESENT

 

 

La démarche 

  • Créer un trait d’union entre le passé et le présent par la pratique artistique.
  • Fédérer des acteurs locaux autour de la mémoire collective de la Première Guerre mondiale par le biais d’écrits et de chansons.

 

Le constat : des traces à révéler, une mémoire à transmettre et partager

Le Nord de la France a été au cœur de la Grande Guerre. Ses traces restent tangibles dans nos paysages, notre culture et notre mémoire collective. S’il est vrai que sur la ligne de front, cimetières et monuments commémoratifs témoignent encore de l’écrasante emprise de la guerre, le littoral a également participé à l’effort collectif international.

Par sa position géographique, la côte d’Opale constitue pour l’armée britannique une  immense zone tampon entre l’Angleterre et la France permettant d’acheminer rapidement des  soldats, du matériel et des munitions. Site stratégique d’arrière-front, le Montreuillois se transforme en 1915 en une gigantesque zone d’entraînement, de soins, de ravitaillement et de repos pour les soldats britanniques.

Au-delà de vestiges emblématiques comme le cimetière militaire d’Étaples – plus grande nécropole du Commonwealth de France –  les traces de la Grande Guerre sont difficiles à repérer dans le paysage actuel du territoire.

Ce passé pourtant récent est difficile à révéler, tout particulièrement auprès du jeune public auquel il est parfois malaisé d’expliquer que la Grande Guerre ne s’est pas faite que dans les tranchées. Ce pan de l’histoire et de la mémoire du territoire mérite d’être révélé à l’occasion du centenaire de la Grande Guerre.

 

Un projet d’action artistique et culturelle pour se souvenir ensemble

Dès 1915, l’autorité britannique décide de créer un vaste camp militaire à Etaples, à portée presque immédiate de Boulogne-sur-Mer où débarque une grande partie de ses armées. Lieu de cantonnement pour les troupes en transit, il se développe rapidement jusqu’à atteindre, au plus fort de son développement, une capacité d’accueil estimée à 100 000 personnes en 1917.

Sans être sur la zone de conflits directement, le Montreuillois a été le premier lieu d’apprentissage des jeunes recrues anglaises à ce que serait la guerre dans les tranchées. Zone de cohabitation entre la population militaire et civile, anglaise et française, les répercussions se sont lourdement fait sentir : flambée des prix, réquisitions et couvre-feu, bombardements aériens… De plus, autant la population française que le personnel anglais du camp vivaient en fonction des contraintes et impératifs de la mobilisation. Infirmière à l’hôpital Harvard de Camiers en 1918, Helen Boylston écrit :  “It’s interesting to realize that the backs of our minds are concentrated day and night on the Front. Yet consciously we go about thinking of almost everything else » (Il est intéressant de réaliser/constater que nous avons l’esprit sans cesse occupé, jour et nuit, par [les batailles du ] front. Bien que consciemment, nous nous concentrons pour penser à n’importe quoi d’autre…). 

 

Comment cet événement de l’histoire a-t-il été vécu à l’échelle locale ? Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Comment cela s’inscrit-il dans la mémoire collective ?  

A partir d’écrits tels que « Le Feu » d’Henri Barbusse, « Les carnets du Capitaine Barthas », mais aussi « Testament de la jeunesse » de Véra Brittain, infirmière engagée volontaire au camp d’Etaples, The « War Diary of a Nurse », de l’américaine Helen Boylston, « Quand les laboureurs courtisaient la terre » de Marguerite Lecat, et des chansons du répertoire patrimonial telles que « Flanders fields » de John McCRae, dont le coquelicot symbolise depuis 1921 le souvenir des soldats du Commonwealth morts à la guerre, « La butte Rouge », « La chanson de Craonne » et d’autres dont la recherche est en cours. A partir des écrits précités dont des extraits seront choisis, étudiés et analysés, comment les jeunes vont-ils s’approprier et adapter les propos et l’histoire de leur territoire dans leur temporalité ? Comment les chansons pourront-elles être interprétées de façon actuelle ? Comment adapte t’on la grande histoire à l’échelle d’un territoire, surtout quand le territoire en question était géré par l’administration militaire anglaise ?

 

Actions :

Des actions de découverte du patrimoine et artistiques seront mises en œuvre par l’artiste musicienne et comédienne Mathilde Braure auprès de différents publics : enfants, adolescents et adultes.

– au collège Jean Jaurès

– en lycée professionnel Jules Verne

– en premier degré auprès de deux classes de CM2

– auprès d’un foyer pour personnes âgées

– auprès d’une chorale

 

Calendrier prévisionnel des actions projetées :

De septembre à décembre 2018